Un travail d’orfèvre

Dans Birmanie un billet écrit par Christine le 21 janvier 2014

Birmanie Lumix 2-43-Modifier

Après une petite incursion dans le nord (il y en aura encore quelques unes du reste), retour sous des latitudes un peu plus clémentes. Il y a un mois, j’inaugurais une série consacrée à l’artisanat birman avec la fabrication des laques. Aujourd’hui, c’est le travail de l’argent que j’ai envie de vous montrer en quelques images. Le Myanmar a des ressources minérales considérables non seulement de pierres précieuses et semi-précieuses mais aussi de métal dont l’argent. Si du 15ème au 20ème siècle, la mine d’argent et de plomb de Bawdwin dans l’État de Shan a produit d’énormes quantités d’argent, à l’heure actuelle toutefois  l’extraction de ce métal décline. Les infrastructures industrielles demeurent très limitées et le travail des artisans se perd.  Quelques ateliers perpétuent néanmoins les techniques ancestrales du travail de ce minerai et permettent de voir ces forgerons de l’argent à l’oeuvre  C’est dans le village  d’ Ywataung, à une vingtaine de kilomètres au sud ouest de Mandalay, réputé pour ses orfèvres, que nous avons pu admirer la minutie  de ces artisans. Paniers tressés,  boîtes martelées, théières, bijoux etc.,  en Birmanie, l’argent est  extrêmement travaillé et ciselé.

Birmanie Lumix 2-44

La rétreinte consiste pour l’orfèvre à mettre en forme une feuille de métal en la martelant sur une bigorne (enclume) à l’aide de marteaux et de maillets.
 

 Birmanie Lumix 2-41

Le recuit : plusieurs fois au cours de la rétreinte il faut chauffer le métal à haute température pour lui redonner sa malléabilité. L’argent est le métal le plus extensible et le plus malléable de tous après l’or.
 

Birmanie Lumix 2-40

La ciselure : on repousse le métal suivant le motif du décor, à l’aide d’un marteau et de ciselets de formes diverses.
 

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Un atelier et des conditions de travail rudimentaires qui permettent néanmoins de produire des objets d’une grande finesse.
 

Birmanie Lumix 2-45

Les bols du genre celui celui figurant sur ma 3ème photo, mais en beaucoup plus grands, ont parfois un usage surprenant pour nous autres occidentaux. Chemin faisant, nous avons vu à plusieurs reprises des moines postés au bord de la route agiter ces  récipients et faire ainsi un tintamarre pas possible au passage de chaque véhicule. Le bruit est dû aux pièces de monnaie récoltées par les religieux qui font simplement la quête pour financer la construction d’un nouveau monastère à proximité (et il y en a énormément en Birmanie).

Si vous avez des difficultés à visualiser les photos, pensez à cliquer dessus pour les afficher en plus grand.
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26 Responses to “Un travail d’orfèvre”

  1. AniLouve dit :

    Très intéressant reportage avec de magnifiques photos de ces artisans sur le tas. Combien de temps encore les techniques et traditions seront perpétués ?

    • Christine dit :

      Je me rends compte que je suis de plus en plus intéressée à photographier l’humain et que je chercher instinctivement à en intégrer dans mes images. Dans cet atelier, j’ai été gâtée. Et tu poses la bonne question. Le fait que les touristes s’intéressent à tous ces artisanats peut être encourageant. Encore faut-il que ces activités leur permettent de vivre…

  2. Marine dit :

    C’est impressionnant… Quelle finesse effectivement. Tu fais parfaitement ressortir le contraste entre les conditions de travail et le résultat obtenu. Une leçon de vie !

    • Christine dit :

      Et les voir travailler en vrai est encore plus impressionant. Ces artisans font littérallement corps avec la matière et l’objet qu’ils en tirent.

  3. Pastelle dit :

    Un reportage joliment bien documenté, et surtout je suis fascinée par la composition de chacune des photos, je la trouve parfaite, en particulier sur la dernière, qui est vraiment mon coup de coeur, et la seconde.
    Un peu moins fan du traitement, mais en fait je suis sûre qu’il est parfait pour ce que tu veux montrer, sans doute que les couleurs naturelles auraient détourné l’attention du principal.
    Mais quand même j’aimerais bien voir. 😉

    • Christine dit :

      Merci pour la compo, Pastele, j’ai effectivement pris pas mal de temps pour cela, attendant qu’il n’y ait plus d’élément perturbateur dans le cadre pour déclencher. Quant au post traitement, j’ai appliqué à cette série les mêmes réglagles que pour celle consacrée aux laques. J’ai voulu conférer à mes photos un aspet vieilli qui à mon sens convient bien à ces activités d’un autre âge. De plus, les couleurs dans cet atelier n’étaient pas vraiment intéressantes et plutôt ternes. Elles n’auraient rien amené à l’image.

  4. thursday dit :

    Merci pour ce nouveau petit reportage très bien illustré par ces belles photos. On a l’impression d’y être et d’observer leur travail derrière leurs épaules.

    • Christine dit :

      Ton impression me fait plaisir. J’ai volontairement cherché à « rentrer » dans mon sujet, pour faire « comme s’y on y était. J’ai bien sûr veillé à ne pas interférer dans les gestes des artisans et à ne pas les déranger.

  5. Au niveau du cadrage, ce sont les 2ème et dernière que je préfère car on y a une vue d’ensemble, plus aérée. Mais il est vrai que les autres permettent de les voir à l’oeuvre de façon plus rapprochée (prise de vue qui est plus délicate car on peut avoir la sensation de gêner le travail).

    • Christine dit :

      C’est l’une des règles du reportage, alterner les vues générales et de détails non? Et je te rassure, comme je lai dis à Thursday, j’ai bien fait attention à ne pas gêner les ouvriers. En plus pour cette série, j’ai utilisé mon petit hybride, discret et lumineux:-)

  6. Laurence Chellali dit :

    Ce qui est chouette chez toi c’est qu’on voyage dans tous les hémisphères de la terre sans les affres du décalage horaire et les chocs thermiques 😉
    Tes photos me font penser à Constantine, en Algérie où il y a tout un quartier de la ville qui est consacré à cet artisanat (là-bas aussi c’est un artisanat de premier ordre avec une spécificité pour les plateaux qui sont décorés de manière extrêmement raffinée). Et quand on y passe, c’est très drôle d’entendre tous ces « cliquetis » (tac tac tac tac tac tac) que les ouvriers font avec leurs minuscules martelets.
    Bonne soirée !!

    • Christine dit :

      Contente de te faire voyager un peu 🙂 Et tu fais bien d’évoquer l’atmosphère sonore de ces ateliers, elle fait partie intégrante du décor. Pour cette série, je n’ai malheureusement pas de petite séquence vidéo qui permettrait d’entendre ce cliquetis très présent effectivement mais je devrais en avoir pour les prochains épisodes consacrés à l’artisanat. .

  7. J’admire leur savoir-faire. Merci pour ce beau reportage.

  8. haude dit :

    Ton reportage est intéressant et tes photos si bien cadrées, que c’est très agréable d’y découvrir plein de détails.
    Merci pour le voyage et toutes ces informations.
    bonne fin de semaine, @ bientôt haude

  9. Françoise dit :

    Un bon reportage! j’admire leur agilité! coincer les objets avec un pied pour travailler dessus, étonnant. on apprend beaucoup par tes photos sur le pays. cela me donne bien envie de m’y rendre!

  10. Cécile dit :

    Quel plaisir ce voyage, ce reportage! Merci pour le partage. J’aime énormément la 3ème avant la fin.

  11. Marie dit :

    Très intéressant ton reportage Christine ! Très agréable à lire, de très belles images également 🙂

  12. Awena dit :

    Les traditions des métiers qui se perdent méritent en effet de continuer à être transmises et partagées. Quand je pense même à certaines traditions en Europe qui pourraient aussi être perdues sur du long terme…je n’hésite pas à faire vivre les petits magasins locaux telles que les boulangeries, les boucheries, etc..afin que les bonnes pratiques et les produits de qualités continuent de faire partie de notre quotidien. Merci pour ce partage.

    • Christine dit :

      Tu as raison, Awena, l’avenir des ces métiers passe aussi par le soutien que l’on peut, en tant que clients, leur manifester. Même si les objets vendus dans ces ateliers étaient un peu (c’est très relatif) plus chers que dans les marchés, le fait que l’on ait pu assister en direct à leur création valait bien la différence de prix. Quant aux petits commerces locaux, j’essaie aussi autant que faire se peut, d’y faire mes courses mais je reconnais quand même succomber aussi aux grandes surfaces qui me permettent de grouper mes achats et de gagner du temps quand je bosse…

  13. C’est encore une fois très intéressant, tu as discuté de toute cette technique avec eux ? J’aime beaucoup la seconde photo, bravo !

    • Christine dit :

      Les ouvriers de l’atelier ne parlaient pas anglais. Mais c’est l’avantage d’avoir une guide qui nous a expliqué beaucoup de choses. J’ai également fait une ou deux recherches a postériori.

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