Jeux de lumière

Dans Ma Romandie un billet écrit par Christine le 13 février 2017

 

L’an dernier, je vous avais parlé du festival des lumières de Morat et de mon enthousiasme pour cette manifestation qui rend le si sombre mois de janvier hautement désirable. Le succès de cette première édition a heureusement incité les organisateurs à  renouveler l’expérience et c’est avec une impatience presque enfantine que j’ai attendu le début des festivités le 11 janvier dernier.

Habillez-vous chaudement, je vous emmène dans les rues de la vieille cité parée de ses somptueux habits de lumière.


Malgré le froid, la bise et la neige qui cette année ont joué les trouble-fête, je n’aurais pour rien au monde manqué l’évènement. Bien emmitouflée dans plusieurs couches, j’ai parcouru les arteplages (sites de projections sur les monuments et d’installations lumineuses) éparpillées dans toute la ville. Cette année, leur nombre a sensiblement augmenté puisqu’elles sont passées de 23 à 36. Le but de ce billet n’est pas de vous montrer l’ensemble des installations.  Toutes n’ont du reste pas retenu mon attention mais certaines m’ont intriguée et occupée un bon moment photographiquement parlant.

Le cas « Lumi-Mer-Tranquille II »

Ce fut tout particulièrement le cas de l’oeuvre de l’artiste multimédia Peter Zwirner, installée sur la place des Romands près de l’église française. Suspendus aux arbres de l’esplanade, des tubes multicolores s’illuminaient, accompagnés de douces tonalités en musique de fond. Visuellement l’effet était sympa mais je suis restée perplexe sur la manière de photographier l’ensemble. J’ai tenté un premier cadrage en contre-plongée (-2-). L’image s’est avérée purement descriptive sans véritable intérêt. Il fallait que je me montre plus créative pour tirer quelque chose de  plus intéressant de ces tiges colorées et lumineuses.

-2-

J’ai essayé une sorte de filé vertical (-3-) qui ne m’a pas davantage convaincue. Ma photo ressemblait à un code barre, certes coloré, mais terriblement rigide. Un peu à contre coeur, je me suis alors résolue à sortir mon trépied de mon sac. Il faisait froid et j’étais obligée d’enlever mes gants pour le manipuler. Décidément, je n’aime pas ce truc mais bref, une fois mon appareil bien calé, j’ai testé différentes prises en usant de vitesses lentes. Zéphyr a dû avoir pitié de moi et m’a donné un petit coup de pouce bienvenu en agitant les tubulures. D’abord imperceptiblement (-4-), puis progressivement, il a donné du souffle et mes images ont commencé à prendre vie. Même si les premières ressemblaient encore trop à de la barbouille (-5-) et manquaient de structure (-6-), je sentais que j’étais sur la bonne voie.

C’est alors qu’un bon coup de tabac a soulevé vigoureusement les tiges. Mes réflexes n’étaient pas encore tout à fait congelés puisque j’ai juste eu le temps de déclencher. Danse de la joie! Cette fois, l’image abstraite imprimée sur mon capteur m’a plu instantanément. Les tiges ondulent harmonieusement dans le cadre, sur différents plans. Bien malin qui saurait dire qu’il s’agit de tiges rigides. On imagine plutôt des voiles ou alors des vagues d’une » lumi-mer » pas si tranquille que cela tout compte fait!

Je suis retournée sur les lieux une semaine plus tard. Dans l’intervalle hélas, les visiteurs avaient tordus les tubes qui ressemblaient désormais à de drôles de tires-bouchons suspendus aux arbres (-11-). Impossible dans ces conditions de tenter d’autres prises cohérentes avec les précédentes!

D’autres images

Pour terminer la balade, je vous livre ci-dessous quelques autres images réalisées à cette occasion. Elles ne furent pas très nombreuses car les conditions étaient assez difficiles. La météo polaire qui a régné chez nous à la mi-janvier en a du reste démotivé plus d’un et la manifestation a accusé une baisse d’affluence de 10’000 visiteurs par rapport à l’année précédente. Espérons que ce résultat mitigé ne remette pas en cause la tenue d’une 3ème édition en 2018…

 

 

 

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24 Responses to “Jeux de lumière”

  1. Anita dit :

    Merci Christine pour ce superbe reportage. J’aime la couleur et là je dois dire que j’ai été gâtée.
    Bravo

    • Christine dit :

      C’est pour les couleurs qui claquent si bien sur l’écran noir de la nuit de janvier que j’aime tant ce festival. ça nous change tellement de la grisaille des jours 😉 Merci Anita.

  2. Françoise V. dit :

    J’ai entendu parlé de cette manifestation cette année et me suis promise d’y aller l’année prochaine ! Tes photos vont encore mieux me motiver. Merci pour cette démarche pédagogique (tubulaires), n’y connaissant rien à la photo, je trouve tes explications et le rendu visuel incroyable, j’adore ! Bravo femme talentueuse.

    • Christine dit :

      Alors promis on se donne rendez-vous à Morat l’an prochain chère Françoise. Et on terminera la soirée avec un vin chaud et une bonne pizza;-) Merci d’avoir laissé un mot ici, ça me fait vraiment plaisir.

  3. Gine dit :

    Une démonstrations très convaincante! Le résultat est superbe!
    J’ai fait partie des démotivés : une méchante toux avec complications m’a tenue en cage pendant plus de deux semaines!
    Mais ton reportage me convainc d’assister à ces mirages l’années prochaine, en espérant qu’ils auront bien lieu!

  4. Cette manifestation m’a l’air très sympa, dès qu’il y a des lumières, il y a des trucs sympas à faire ! Tu t’en es très bien sortie avec tes tubes, le rendu de ton image finale est superbe ! Dommage effectivement, que les gens les ai tordu.

    • Christine dit :

      La photo de nuit c’est sympa, c’est vrai mais il faut absolument être copain avec son trépied, ce qui n’est pas du tout mon cas. J’ai un peu galéré avec ce machin pas pratique du tout et mes gants qu’il fallait sans arrêt enlever et remettre. Mais je suis contente du résultat final. Bon week-end Anne.

  5. Esther dit :

    ça valait le coup d’attendre le coup de vent, merci pour expliquer ta démarche photographique, le résultat est féérique. Bravo !

  6. Pastelle dit :

    Tu as magnifiquement tiré parti de conditions pas très encourageantes à la base.
    Un vrai coup de coeur pour la 6 puis la 7.

  7. que dire sinon que c’est beau, très beau et magnifiquement expliqué. Merci de nous faire partager ces moments de recherche tellement utiles à un photographe. bises

  8. Dédé dit :

    C’est superbe. Je ne connaissais pas du tout cette manifestation. Et surtout au coeur de l’hiver où tout est monochrome, je trouve que ces couleurs sont géniales. Les photos sont très réussies et j’aime particulièrement la 10. A bientôt.

    • Christine dit :

      Cette manifestation gagne à être connue, c’est vraiment bien vu de la programmer en janvier qui est un mois creux par définition. Quant aux couleurs, je suis entièrement d’accord avec toi, j’adore cette explosion multicolore dans la nuit. Bonne fin de semaine.

  9. Marie dit :

    C’est très intéressant de nous expliquer ta démarche photographique au fur et à mesure de tes prises de vue, c’est aussi convaincant que le résultat final 🙂 … On peut tout à fait imaginer des rubans de tissus très légers. Esthétiquement, c’est très beau au niveau des contrastes de couleur et du graphisme. Tu dois être ravie du résultat, c’est vraiment réussi 🙂
    J’aime beaucoup également la 1ère photo … ces flocons dans la pénombre, c’est beau !!

    • Christine dit :

      Au départ, je ne savais pas trop où j’allais, heureusement que le vent s’est levé! Et oui, je suis très contente de la photo n°7. Quant à la première, les flocons qui s’inscrivent dans les rais de lumière sont vraiment un plus. J’ai fait quasiment la même photo quant il ne neigeait pas encore, il manque quelque chose. Je deviens de plus en plus adepte des météos difficiles, 😉 Belle fin de semaine Marie.

  10. c dit :

    La série des faisceaux de lumières multicolores me plaît beaucoup ! 🙂

  11. Béatrice dit :

    Pour un peu tu te serais transformer en statue de glace :-), mais ça valait le coup, très belles tes photos, et j’aime suivre l’évolution de tes clichés. Très sympa ce festival hivernal. Bisous

    • Christine dit :

      J’étais heureusement bien équipée mais un petit vin chaud à l’issue de ma séance photo m’a fait beaucoup de bien 😉 C’est un vrai plaisir de te retrouver ici et d’échanger avec toi Béa. Je t’embrasse. A bientôt

  12. Bonjour ma très chère cop’s !
    Est-ce que je peux exprimer le fond de ma pensée ? Je trouve que tu t’en es tirée comme une cheffe sur un sujet que je trouve fondamentalement kitch et … oui, il faut bien le dire … moche. Est-ce que c’est parce que dans mon coin je suis saturée de couleurs criardes, flashy, tellement proches du plastoc bon marché ? Alors que parallèlement, les Chinois sont capables d’un tel raffinement justement en ce qui concerne la lumière, avec des jeux d’ombre d’une subtilité infinie. Je trouve que ce genre d’installations comme celles dans ce village suisse confond les notions de lumière et de couleur. Ici, on veut en mettre plein la vue avec des couleurs criardes et sans subtilités. Alors oui, c’est fun quand on est sur place, j’en suis sûre, mais est-ce que ça fait rêver, est-ce que ça nous emmène dans une autre dimension, est-ce que a nous fait admirer ces bâtiments sous un angle nouveau ? Rien n’est moins sûr. Franchement, ce clocher en rouge criard ca rime à quoi ? Une église, c’est le mystère de la foi, de la révélation, de la création. Ici, je ne vois rien de tout ça 🙁 Et je crois que c’est pour ça que tu as eu toutes les peines du monde, comme tu nous l’expliques bien, à tirer quelque chose d’intéressant. Restait effectivement l’abstraction, c’est probablement ce qu’il y avait de mieux à faire 🙂 Bravo ma cocotte !!

    • Christine dit :

      Coucou copinette,
      Je suis vraiment mais alors vraiment contente de te relire ici, tu te fais rare sur le net et chacune de tes visites est un plaisir. Ceci dit, je pense qu’effectivement l’environnement dans lequel tu vis désormais joue un rôle dans ta perception d’un évènement comme celui qui a été organisé à Morat. L’univers saturé de couleurs criardes, flashy qui est désormais le tien est à l’opposé de ma Romandie. Essentiellement calviniste, son maître mot est sobriété pour ne pas dire austérité. Ici nous n’avons pas de parc d’attraction qui clignote et qui brille, pas de débauche de couleurs, d’enseignes lumineuses. Tout est propre en ordre, c’est tout juste si nos rues s’illuminent un peu pendant la période des fêtes. Mais passées celles-ci, dans ce fichu mois de janvier, il fait gris. Les journées sont plombées par un brouillard épais et il fait noir très vite et longtemps. Alors ce festival moi je trouve qu’il tombe à pic et qu’il fait du bien. Peut-être que mes photos ne rendent pas justice au travail des concepteurs des animations lumineuses (le clocher rouge ne l’était pas toujours) mais personnellement j’ai trouvé de la magie en certains endroits de la ville, notamment lorsque la brume s’emmêlait avec la lumière colorée dans les arbres. Ceci dit, je suis ravie que mes abstractions tubesques aient retenu ton attention. C’était un joli défi d’essayer de montrer cet arteplage sous un angle différent. A bientôt j’espère et gros becs 🙂

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